Une première pour moi : cette année j’ai pris un emplacement pour le vide-grenier de ma ville. Je m’étais bien organisée : réservation de l’espace un mois avant,tri, nettoyage préalable des vêtements et objets à vendre, et enfin enrôlement d’une copine dans l’aventure sur le stand d’à côté, histoire d’allier l’utile à l’agréable !
Sur le principe, le vide grenier me plait bien. On peut globalement tout proposer à la vente à ses voisins, en une seule fois, c’est convivial, familial, bon esprit… mais dans la pratique, on peut mettre des bémols.
J’ai vraiment bien apprécié toute cette vie autour de nous, les échanges avec les visiteurs, le sandwich mangé debout sur le trottoir, la fanfare, les coucous des voisins de passage, les papotages avec mes camarades de foire, sortir ma tchatche de vendeuse refoulée (“c’est un cadeau de ma mère, c’est vous dire si j’y tiens à ce sac !”), jouer à la marchande avec ma petite pochette en bandoulière remplie de pièces de monnaie… en revanche j’ai été sidérée par le montant moyen des achats : de 50 centimes à 5 euros !!! et je ne vous parle pas des âpres négociations pour un euro de plus ou de moins !!! J’imagine que ça fait partie du charme mais je ne m’attendais pas à ce que tous mes clients mégotent ; j’ai eu l’impression de me coltiner tous les radins de ma ville ! Ca a commencé dès 8 heures, on n’avait pas encore déballé nos affaires qu’on nous a sauté sur le poil, ensuite non stop jusqu’à 13heures : c’est dans cette tranche horaire qu’on fait les meilleures affaires, je vous le dis ! Après les morts de faim ont fait place aux flâneurs de l’après midi, qui aiment toucher à tout, négocier mollement pour finir par ne rien acheter.
Bref, d’un point de vue écologique, remettre sur le marché des objets qui étaient planqués à la cave ou la maison est une bonne chose. Leur redonner une seconde vie c’est éviter d’en fabriquer de nouveaux et donc d’utiliser des matières premières. Les vendre près de chez soi est un autre bon point.
D’un point de vue financier, c’est plus discutable. J’ai vendu des chaussures et vêtements de marque en très bon état au dixième de leur prix initial (ah mon manteau Comptoir des Cotonniers parti pour 12 euros…) ; ebay, leboncoin ou un dépôt-vente auraient été plus rentables. Mais il faut bien avouer que j’ai parfois choisi mes acheteurs à leur bonne tête ! Ben oui j’ai un faible pour les gens sympas, les enthousiastes qui sont contents d’avoir trouvé chaussure à leur pied, les petits choux qui adoptent un copain en peluche dans la minute, les ados qui sortent minutieusement de leur porte monnaie les euros gagnés en baby-sitting, etc…
Dans les vide grenier, j’ai l’impression qu’il vaut mieux vendre des objets de bricolage, des bouquins et jouets pour enfants, des DVD, des bijoux, de la petite déco et même les faïences moches de sa grand tante. Tout ce qui se vend entre 1 et 5 euros trouvera acheteur !
Ce qui me fait plaisir après cette journée marathon ? C’est finalement de pouvoir associer un vêtement, un objet, non dénués de valeur sentimentale, à la personne à qui je l’ai vendu. Ca nous change du commerce de masse froid et impersonnel, non ?











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