Hier soir, j’ai regardé l’émission Du poison dans l’eau du robinet diffusée sur France 3* et c’est vrai que les dysfonctionnements dans certains départements et communes font froid dans le dos. Mais il faut aussi rassurer chacun des 40 millions de consommateurs d’eau du robinet en expliquant qu’elle est extrèmement contrôlée, et surtout dans les grandes et moyennes villes qui ont les moyens et les infrastructures pour la traiter ; ou encore dans les communes disposant d’eau de source à proximité. Ce qui veut dire tout de même que tous les français ne sont pas égaux devant la qualité de leur eau.
> Ce qui est montré du doigt, c’est le manque d’informations données aux citoyens par les mairies qui doivent afficher les résultats des analyses d’eau : dans des départements comme la Seine et Marne ou l’Eure et Loire qui sont très exposés, de par leur activité agricole, à la présence de pesticides et nitrates dans l’eau, il est fortement déconseillé aux futures mamans et aux nourrissons de consommer l’eau du robinet. Même si l’utilisation intensive de ces produits est désormais très encadrée depuis 30 ans, la présence dans les sols et les nappes phréatiques perdure. L’Etat met la pression sur les dernières communes qui n’ont pas mis aux normes le traitement de leurs eaux, notamment en interdisant de nouvelles implantations d’habitations. Mais certains maires de ces petites communes soit ne savent pas les risques encourus soient les ignorent délibérément pour repousser l’échéance des travaux de mise aux normes.
> Les nitrates et les pesticides favorisent l’apparition de cancers et de dérèglements endocriniens, ils peuvent pourtant à l’aide de charbon actif être éliminés des eaux, de même la présence dans l’eau de sels d’aluminium intégrés au moment du traitement pour la blanchir favoriserait la maladie d’Alzheimer. Aujourd’hui les sels d’aluminium ont été majoritairement remplacés par du chlorure de fer totalement inoffensif mais il subsiste des zones où l’aluminium est encore présent. Et c’est biensur la santé de certains français qui est exposée, à leur insu et par manque d’information.
> Autre exemple donné en Haute Loire où la source d’eau est naturellement radioactive par la présence très concentrée de radon que la société de traitement Saur n’a pas détectée. Les régions de l’Ardèche, du Puy de Dôme et la Vienne sont également citées comme concernées.
Les grands acteurs privés de l’eau comme Véolia et Suez sont eux aussi mis en cause, lesquels vendent de l’eau parfois non conforme à la règlementation.
> Le dernier exemple de pollution de l’eau du robinet est un sujet qui devient de plus en plus présent : les résidus de médicaments. En effet, on retrouve dans l’eau des fleuves quelques 3000 molécules issues d’antidépresseurs, de pilules contraceptives – qui modifient le sexe des poissons -, et autres aspirines qui restent présents dans l’eau potable et dont on connait pas l’incidence sur la biodiversité aquatique.
Ce qu’il faut retenir c’est que la qualité de l’eau du robinet en France est bonne, que tous les risques infectieux et bactériens sont éliminés (ce qui n’est pas encore le cas pour 1 milliard d’êtres humains sur la Terre) mais qu’il subsiste un laxisme d’une part pour mieux protéger les sources et faire les travaux nécessaires à l’obtention d’une eau irréprochable dans certaines régions plus exposées, et d’autre part pour revoir plus largement la politique agricole française qui a incité les agriculteurs à produire toujours plus sans se soucier des impacts pour l’environnement (et pour la santé de ces agriculteurs eux-mêmes exposés à des produits très toxiques). Du reste, L’Europe nous épingle régulièrement pour la pollution de nos rivières.
Ce doit être une volonté de l’Etat que de faire changer les choses plus vite, et en l’occurence une large étude nationale de la qualité de l’eau est en finalisation et donnera ses résultats cet été. A surveiller.
Pour en savoir plus : http://www.lemonde.fr/planete/article/2010/05/18/eaux-troubles-le-traitement-en-questions_1352977_3244.html#ens_id=1353183&xtor=AL-32280151
* rediffusion le 21/05 à 2h30



Bonjour,
Il est dommage également que les sociétés comme la nôtre qui essaye de trouver des alternatives écologiques pour le traitement des eaux comme avec la phyto-épuration rencontre des difficultés avec certaines communes qui ne comprennent que tout à l’égout ou épandage !!
D’autres solutions existent, elles ont fait leur preuve mais il y a encore beaucoup de scepticisme de la part des élus !!
C’est vrai que récupérer l’eau de pluie c’est autant d’argent qui ne rentre pas dans la poche de la commune sur la taxe d’assainissement.
Pire certaines communes font payer à nos clients les dites taxes sous prétexte que tous le monde doit payer la station d’épuration ou le traitement de l’eau !!
D’un coté on parle de Grenelle de l’Environnement mais dans le quotidien cela reste encore malheureusement marginal.