mon oeil sur la planète

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J’ai regardé pour vous Capital Terre sur M6 25 mars 2010

... et vous savez quoi ? J’ai trouvé l’émission vraiment bien ! Moi qui ne regardais plus Capital et ses sujets racoleurs depuis des années, j’avoue que j’ai trouvé l’adaptation vraiment réussie et même pertinente. L’angle choisi qui part de notre quotidien en remontant toute la filière de production est incroyablement efficace : que ce soit les chips et l’huile de palme ou le boeuf et l’élevage intensif, la démonstration est implacable car très complète, concrète et argumentée. On voit la matière première et toutes les étapes de fabrication, y compris en usine ce qui est peu courant et croyez moi ça donne envie de se mettre au fourneau plus souvent pour éviter les plats industriels ! La volonté du reportage est de faire prendre conscience de l’impact de ce que l’on mange, impact énorme et le plus souvent insoupçonné.

Il faut juste se faire à l’idée que Guy Lagache est dans un plan sur deux : Guy en Tshirt dans la forêt indonésienne, Guy sur une barque, Guy dans son  4×4, Guy avec une charlotte sur la tête dans une usine, Guy qui goute des pommes de terre cuites au micro-ondes… etc, en même temps on a vu garçon moins agréable à regarder😉

> sur l’huile de palme, le constat est simplement dramatique et la responsabilité de l’industrie agro-alimentaire est énorme ; l’huile de palme, parce qu’elle est la moins chère à produire, est aujourd’hui la matière grasse la plus employée au monde, on la trouve partout : poissons panés, gâteaux secs, chips, glaces, plats cuisinés, biscuits, le Nutella, les Kinder, etc. Et pourtant elle n’est pas bonne pour la santé et provoque des désastres écologiques en Indonésie et en Malaisie (ces deux pays à eux seuls représentent 80% de la production mondiale) où les forêts primaires sont rasées pour faire pousser de façon intensive le palmier à huile. La biodiversité recule sous la pression des tronçonneuses, le nombre d’orang-outangs a été divisé par deux, ils meurent à cause de la chute des arbres ou de faim faute d’espace vital suffisant et biensur la disparition de tous ces arbres participe au réchauffement climatique puisqu’ils n’absorbent plus le CO2 (le palmier est une plante, et une plante absorbe 3x moins qu’un arbre).

> concernant l’élevage intensif, je vous avais déjà raconté son impact prédominant sur l’environnement, mais le reportage est allé plus loin. On a pu voir un élevage 75 000 têtes, réparties dans des enclos sans herbe, car les bêtes naturellement herbivores sont priées de manger plutot du maïs qui permet d’engraisser plus vite et subissent des piqûres d’hormones de croissance. Ainsi cet élevage industriel engraisse des bêtes en 18 mois là où il en fallait le double auparavant ; la productivité augmente car la demande est de plus en plus importante et qu’elle a permis de faire baisser le prix de la viande de 30% en 30 ans au mépris du respect de la vie animale. L’impact écologique de ces élevages est en outre consternant : méthane dégagé par les bêtes responsable de 18% des gaz à effet de serres mondiaux, infiltrations des sols et des nappes phréatiques avec des antibiotiques, hormones de croissance et autres nitrates dégagés par la bouse, surfaces agricoles destinées aux céréales pour nourrir les bêtes, etc…

> Mais le reportage propose aussi des façons de consommer plus responsable en étant plus vigilants : produits locaux, de saison, bios, viande et volailles issues d’élevage traditionnel, indice carbone sur les emballages (chez Casino qui a été précurseur) ou encore industriel soucieux de qualité, de santé et d’environnement tel Findus qui propose des poissons panés à base d’huile de colza plus chère que celle de palme mais aussi plus saine.

Le sujet de l’alimentation mondialisée, vous l’avez compris, est complexe. Les enjeux sont énormes, avec une population planétaire qui passera de 7 à 9 milliards d’hommes d’ici 40 ans et qu’il faut nourrir. Les habitants du monde ne sont pas égaux devant la faim selon qu’ils vivent dans des pays riches ou pauvres, dotés de terres agricoles ou non. L’exemple de l’Ethiopie, sorte de mère porteuse de nourriture pour des pays comme l’Inde dont la production en terre éthiopienne n’est destinée qu’aux indiens et qui ne profite absolument pas aux indigènes, est symbolique de la prise de conscience que nous sommes sur une petite planète à qui l’on demande beaucoup trop.


Vous le constatez, l’émission était riche d’informations, elle m’a vraiment emballée, j’ai hâte de voir la suivante ! et d’ici là ouvrez l’oeil en faisant vos courses …

http://www.m6.fr/emission-capital_terre/

 

11 Responses to “J’ai regardé pour vous Capital Terre sur M6”

  1. Romain Says:

    Oui bravo pour cette émission mais une fois de plus les français ne sont pas montrés au rendez-vous puisqu’elle est placée en 4ème position en audience téléspectateurs derrière TF1 (série), France 2 (téléfilm) et France 3 (foot).

    L’indifférence, la grande gagnante comme pour les élections avec son abstention et comme pour le documentaire « Le jeu de la mort » diffusé le 17 mars sur France 2. On pourra faire toutes les études sociologiques que l’on veut, l’indifférence reste la principale responsable.

  2. greenmarie Says:

    @Romain : merci pour ces infos, c’est vraiment dommage parce que la démarche était plutot grand public ; j’espère que l’émission trouvera son public dans la durée …

  3. Je l’ai trouvé très intéressante cette émission !

    Par contre ça m’a choquée de constater qu’il y avait de l’huile de palme dans pas mal de produits bio aussi !! Du coup j’ai re-vérifié mes placards et je ferrais encore plus attention la prochaine fois que j’irais faire les courses.. (Ca va finir par prendre du temps d’analyser les listes d’ingrédients..)

    J’ai bien aimé le côté positif de l’émission et les solutions proposées.. J’espère qu’il y en aura d’autres, même si l’audience au top comme l’a dit Romain !

  4. Sylvette Says:

    Pop pop pop
    Moi aussi j’ai regardé l’émission, pour savoir de quel bois serait fait le gourdin avec lequel Lagache allait taper sur les industriels et les agriculteurs
    Finalement je n’ai regardé que le début car sa fausse naïveté m’a saoulée vite fait
    Cependant je suis assez d’accord avec l’efficacité du reportage pour prendre conscience de l’impact de nos choix d’alimentation sur le système. J’ai eu super peur au début quand il a commencé à parler des chips (!)) mais finalement c’était pour la bonne cause.
    Concernant l’huile de palme je souhaite ajouter qu’au-delà de la catastrophe écologique évidente, le risque économique est aussi très important pour les populations qui vivent de cette filière. Lorsque l’économie d’une région est basée sur la monoculture, si une nouvelle maladie ou un ravageur de cette culture arrive, les dommages risquent d’être énormes et les populations fragilisées.
    Concernant l’élevage intensif, je souhaite rappeler ici que l’élevage intensif avec les hormones est interdit en Europe depuis les années 80 il me semble et que l’importation de ce type de bidoche des Etats Unis est également interdit en Europe depuis 1988. Les éleveurs français font beaucoup d’effort, il ne faudrait pas laisser croire que ce qui a été montré de l’autre côté de l’atlantique puisse se retrouver ici.

    Manger local et de saison me semble être une attitude économiquement responsable, ne pas oublier que derrière ce que l’on mange il y a les producteurs

    Sylvette

  5. greenmarie Says:

    @miss violette : absolument, j’ai trouvé de l’huile de palme dans les biscuits bios pour mes enfants, arghhh maintenant je scrute tous les composants de ce que je mange, ça va bientot etre un boulot à temps plein !
    @Sylvette : t’inquiète pas, la pomme de terre a de l’avenir ! en robe des champs, en frites, en purée et dans la soupe😉 et merci pour la précision sur l’élevage français, j’avais effectivement fait un amalgame avec les pratiques américaines.

  6. Brice Says:

    Et bah moi j’ai trouvé cette émission scandaleuse. Oui, le mot est peut-être un peu fort, mais de la même manière que nos politiciens, le seul argument est « oh mon dieu tout ce que l’on fait est mal, c’est trop horrible, nous sommes tous des terroristes ».

    C’est très bien de nous montrer des élevages, certes complètement scandaleux, mais notre ami Lagache n’a rien d’autres à nous dire que « vous êtes des terroristes, bouuuhh ». Ces discours moralisateurs, basés sur des lieux communs sont devenus insupportables…

    Alors, oui, continuons de choquer le grand public, c’est super, je vais arrêter de manger mon steak, et après ? Est-ce que je vais détruire les élevages intensifs aux USA ? Non…

    Continuons de traiter le consommateur de terroristes et continuons de soutenir nos institutions, nos bonnes têtes penseurs, certains pays dévastateurs… Le problème est bien plus profond que le paquet de chips que j’ai dans mon placard🙂

  7. greenmarie Says:

    @Brice : j’ai trouvé de mon côté que le ton n’était pas à la culpabilisation mais à la démonstration de l’impact de ce que l’on mange au quotidien pour au contraire informer et responsabiliser les citoyens/consommateurs qui voudraient être acteurs du changement nécessaire pour tous. Question de point de vue😉

  8. Brice Says:

    C’est vrai… et puis je n’ai pas tout regardé ^^

  9. […] le vague descriptif de huile végétale, qui ne vous trompe plus depuis que je vous ai raconté ici les enjeux de l’huile de palme pour la santé et l’environnement), je me suis posé la […]

  10. […] La chasse à l’huile de palme 17 juillet 2010 Filed under: Alimentation,c bon, c beau, c bio — greenmarie @ 5:34 Tags: écologique, éthique, bio, huile de palme Il faut croire que j’aime les challenges car non seulement j’essaie d’acheter local, français, bio, équitable, sans emballage dès que possible mais en plus je traque l’huile de palme ! Et ça n’est pas facile croyez-moi car de l’huile de palme il y en a partout. En quoi est-ce un problème ? L’huile de palme représente aujourd’hui 80% des matières grasses utilisées dans l’industrie alimentaire : chips, biscuits apéritifs, margarine, biscuits sucrés, céréales, lait pour les enfants, pâtisseries, plats préparés, poisson pané, pâtes à tartiner, cosmétiques, etc… en effet le palmier à huile a le grand avantage d’être beaucoup plus productif que le tournesol, l’arachide ou le colza et d’être moins cher.  Ce sont bien ces seules qualités car cette huile est plutot néfaste pour la santé (elle bouche les artères) et sa production intensive en Indonésie et en Malaisie se fait au détriment de la forêt primaire locale, des animaux qui y vivent, et des conditions de travail de ceux qui récoltent les précieuses boules rouges. Les volumes utilisés par l’industrie agro-alimentaire et cosmétiques des pays occidentaux est tel que les conséquences environnementales dans les pays du sud producteurs sont désastreuses. Je vous avais déjà raconté tout cela là. […]

  11. […] Voir aussi mon billet sur le premier numéro de l’émission.   Laisser un commentaire J'aimeSoyez le premier à aimer ce post. […]


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