mon oeil sur la planète

le blog écolo et responsable qui ne se prend pas au sérieux !

The Body Shop : l’enseigne pionnière qui a montré le chemin 18 novembre 2010

 

Créée en 1976, l’enseigne anglaise de cosmétiques The Body Shop est très souvent citée comme l’entreprise pionnière en matière de développement durable. Femme de convictions, sa créatrice Anita Roddick, a trouvé la clé du succès et de l’harmonie avec ses idéaux en misant sur quelques idées simples : proposer des produits naturels issus du commerce équitable.

Le succès a été très rapide ; le concept a trouvé un écho très vite sans avoir de publicité à faire ; prenant ainsi le contre-pied d’un secteur qui mise tout sur le marketing avec forces promesses mensongères de rajeunissement., The Body Shop faisait alors plutôt campagne sur l’estime de soi  (préparant le terrain à la marque Dove des années plus tard).

Les engagements de la marque :

– pas de tests sur les animaux

– refus de la publicité mensongère, dénonciation des stéréotypes de beauté (minceur, visage jeune et lisse)

– transparence dans la gestion et la gouvernance de l’entreprise avec l’édition, avant tout le monde,  d’un bilan écologique, éthique et social

– fonder une relation durable de valeurs, et pas seulement commerciale, avec son public

– politique environnementale et architecture écologique dans les magasins : matériel d’aménagement, sacs de caisses en papier recyclé, encres végétales,

– …

L’enseigne a été rachetée par L’Oréal en 2006 avec le pari que l’enseigne ferait des émules dans ce grand groupe … il semblerait qu’il n’en soit rien malheureusement.

Quoi qu’il en soit, je continue à me fournir chez The Body Shop, d’abord parce que je suis fan de leurs produits et ensuite parce que j’ai conscience qu’acheter utile est un acte d’engagement et de résistance face à la profusion de produits merdiques et néfastes qu’on nous propose !



 

Un New-York inattendu 1 novembre 2010

Deuxième et dernière carte postale de New York : je me suis baladée dans le marché de Union Square (Upper East Side) d’abord amusée de voir des citrouilles partout et certains vendeurs déguisés – Halloween c’est du sérieux là bas ! -, ensuite j’étais surprise de voir des fruits et légumes partout quand on voit ce que mangent les américains !!!

En fait, il s’agissait d’un marché de produits locaux, biologiques ou encore en provenance directe du producteur. C’est ainsi qu’en plus des pains d’épices, miels, plantes aromatiques, champignons bizarres, fruits et légumes à profusion, j’ai vu des éleveurs de moutons vendre la laine, les peaux mais aussi de la viande sous vide dans des glaciaires !!!! Et ça marche, le marché ce samedi était très fréquenté !

Derrière le marché, se trouvent aussi  des poubelles dédiées au compost dans lesquelles les habitants du quartier apportent leurs épluchures et autres déchets organiques.

J’avoue que j’ai été surprise par les différentes marques de prise en compte des impératifs environnementaux dans cette ville : bus hybrides, poubelles de tri en ville, recyclage dans les restaurants, offre de cafés équitables et biologiques dans les chaînes Starbucks ou Prêt à manger, jusqu’au vénérable Empire State Building qui revendique désormais une baisse de 38,4% de sa consommation énergétique après un ambitieux programme de travaux !

Biensûr tout cela n’est pas idyllique, New York n’est pas représentatif des Etats-Unis et le mode de vie américain et notamment l’alimentation à emporter génère énormément de déchets : les new-yorkais emportent leurs cafés et repas dans un nombre incalculable d’emballages en carton, plastique, aluminium, etc… manger sur le pouce est plus courant que s’asseoir au restaurant pour manger dans de la vaisselle. Les changements culturels sont longs mais je fais confiance au dynamisme américain pour transformer une contrainte en une opportunité de business !

Best Regards xxx

Green Marie

 

le Made in France existe-t-il encore ? 3 octobre 2010

Le ministère de l’Industrie vient de créer un Observatoire du « fabriqué en France » qui a déterminé la part de produits fabriqués en France dans notre économie. En l’occurence, cela correspond à 64% des biens totaux consommés dans notre pays, mais il faut savoir que la mention Fabriqué en France peut être donnée à un produit assemblé en France mais dont les composants ont été fabriqués à l’étranger (c’est de plus en plus le cas). Les conséquences de cette mondialisation de l’industrie qui fait appel à de la main d’oeuvre peu chère dans les pays moins développés, portent évidemment sur l’emploi avec la destruction de 200 000 emplois en 10 ans rien qu’en France, la perte d’un savoir-faire traditionnel et biensûr la hausse des émissions de gaz à effet de serre dûe aux transport. D’un autre point de vue, elle permet aussi à moyen terme de faire progresser les salaires et les conditions de travail dans les pays à qui nous sous-traitons…

La question est : sommes-nous prêts à payer plus cher nos vêtements par exemple ? Certains d’entre nous le souhaitent, pour sauver des emplois, pour avoir des produits de qualité et moins standardisés. Pour ceux là, le chemin n’est pas simple car derrière le Made In France se cache des réalités très diverses et le choix est de plus en plus rare. Pour ne pas dire inexistant sur des produits de type vêtements, hi-fi, fleurs, mobilier, jeux vidéos, jouets…etc

Lu dans Le Monde Magazine de cette semaine : « Tout nus. Statistiquement, près de 95% des français se promèneraient en tenue d’Adam et Eve s’ils décidaient de ne porter que des vêtements fabriqués dans l’hexagone ». Ces propos sont illustrés par une série de photos par paires montrant des personnes chez elles ou au bureau ; à gauche ils sont parmi les objets qui les entourent quotidiennement, à droite avec uniquement les produits fabriqués en France. Comment vous dire ? le résultat est saisissant !!!  Mieux qu’un long discours sur la mondialisation ! Par exemple, le musicien dans son studio d’enregistrement ne se retrouve qu’avec une vieille platine et ses deux bureaux mais les guitares, synthés et autres tables de mixages sont envolées !! idem les copains fans de jeux vidéos qui se retrouvent à poil dans leur salon vide ou encore la fleuriste à qui il ne reste qu’un bouquet !

La question que je me pose n’est pas tant de savoir où en est le made in France ni ce que nous ferions sans produits importés mais plus largement : la mondialisation de la production fait elle avancer ou reculer l’équilibre nécessaire à un développement durable ? pour qu’il y ait développement durable il faut que les trois piliers : économique, social et environnemental se rejoignent. Et cela, où que ce soit, a un coût qu’il va falloir que nous intégrions ; la recherche du toujours moins cher ne s’accordera pas avec la raréfaction des ressources naturelles …

crédit photo : Mattieu Sartre

 

Découvrez No Impact Man 23 avril 2010

ou « Peut-on sauver la planète sans rendre dingue sa famille ? ». Ce livre au sous-titre évocateur m’a été offert par mon petit mari… vous croyez qu’il y a un message pas très caché derrière ce cadeau ?!!

L’auteur Colin Beavan est un écrivain new-yorkais qui vit à Manhattan et qui a décidé de réduire au maximum son empreinte environnementale et celle de sa famille pendant une année, femme et petite fille faisant partie de l’aventure à leur corps défendant au départ puis jouant le jeu. Le ton est assez drôle, léger quand il raconte ses premiers déboires, ses découvertes, les recherches de solutions, les relations avec ses amis et sa famille car biensûr au départ l’auteur est complètement néophyte en la matière ; comme n’importe quel américain moyen il surconsomme sans avoir aucune idée des conséquences de son mode de vie ni de la provenance de ce qu’il achète.

Imaginez : fini les transports en commun et vive la trottinette et le vélo, finis les ascenseurs, fini les mouchoirs en papiers, le papier toilette, les sacs plastiques, les gobelets, les plats à emporter et vive les petits plats maison avec des produits locaux et de saison, fini la télé et vive les jeux de sociétés, la lecture et les câlins sous la couette, fini le shopping et vive la récup’ et les dépôts vente... les entorses au règlement du projet No Impact : le café (sa femme y est accro), le gaz pour cuisiner, et la machine à laver.  Il ira jusqu’à couper l’électricité pour aller au bout de sa démarche qu’il va faire partager tous les jours à travers son blog devenu extrêmement populaire. Très vite les médias américains se sont emparés de son aventure, soit en la saluant soit en la ridiculisant, mais les encouragements et les bons conseils sont venus de tout le pays à travers les commentaires laissés par les lecteurs de son blog.

Ce qui m’a plu dans ce livre ? En plus du fait qu’il est agréable, facile à lire (surtout quand on est peinarde en vacances en Bretagne 😉 ) et bien documenté,  j’ai vraiment aimé que la démarche ne soit pas celle d’une privation mais plutôt d’une découverte et d’une démonstration que l’on peut vivre autrement qu’en essayant de rassasier (sans y arriver) notre soif de consommation frénétique. La France n’est pas les Etats-Unis où la consommation est un injonction de l’Etat, comme la raconte très bien Annie Leonard dans son film court devenu célèbre The Story of Stuff. Mais l’aventure humaine, les états d’âmes, les difficultés puis les petites et grandes victoires sont belles à partager avec l’auteur qui à l’occasion de cette expérience à la fois professionnelle et personnelle a redonné un sens à sa vie en se sentant plus utile aux autres et à la planète. Vous imaginez bien que tout cela a eu une certaine résonance sur moi qui essaie aussi à mon niveau de faire changer les choses, car c’est bien la morale de l’histoire : « nous pouvons tous faire changer ceux qui nous entourent en commençant par changer nous-même. »

Bref, après vous l’avoir chaudement recommandé,  je n’ai plus qu’à le faire lire à celui qui me l’a offert, ce livre salutaire et sympathique 😉  !

 

Nature & Découvertes : entreprise remarquable 9 novembre 2009

Image 2 Parmi les entreprises pionnières qui ont intégré la dimension développement durable dans leur stratégie, il y a Ben&Jerry’s ou encore The Body Shop, et en France depuis 1990 nous avons Nature & Découvertes.

Cette entreprise créée par les fondateurs de Pier Import, et qui compte aujourd’hui 70 magasins, appartient à hauteur de 11% aux collaborateurs, lesquels sont dès lors très engagés dans leur travail mais ont surtout en commun une vraie sensibilité environnementale. En plus d’une certification Iso 14001 (une norme de management environnemental), d’une politique de formation active, de la responsabilisation des employés, d’une traque au CO2 dans les circuits de fonctionnement, l’enseigne consacre 10% de ses bénéfices à sa fondation Nature & Découvertes qui finance des centaines de projets émanant d’associations environnementales.

Voilà donc une entreprise qui a su concilier performance économique, équité sociale et respect de l’environnement. « Je ne crois pas au tout immatériel. Je crois en revanche à des produits plus chers, dans lesquels la part de la matière et de l’énergie est de plus en plus faible, et celle de la créativité et de l’invention est de plus en plus grande » témoigne François Lemarchand, le fondateur.

 

Je ne suis pas forcément fan de tous les produits vendus, parfois futiles mais à l’heure où l’on commence à réfléchir aux cadeaux de Noël, ce peut-être une bonne idée d’acheter responsable ? J’ai trouvé dans leur catalogue de Noêl enfants des doudous en coton bio, plein de jouets en bois, des animaux sous toutes les formes,une cabane en carton recyclé à colorier, des jeux éducatifs, une trottinette en bois, et des livres, des poupées et des costumes pour découvrir les cultures du monde…

et pour moi des petits livres pédagogiques à 1 euro dont « être solidaire », « jardiner autrement », « protéger la biodiversité » ; d’ailleurs j’ai acheté un nichoir pour mes amis les z’oiseaux et avec ma carte de fidélité j’ai une entrée gratuite au salon Marjolaine ; et hop 2 sujets de billets pour mon blog, merci Nature & Découvertes !

 

http://www.natureetdecouvertes.com

 

Si ebay n’existait pas, il faudrait l’inventer 11 octobre 2009

Filed under: C malin !,Les bonnes pratiques — greenmarie @ 9:54
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Image 6 eBay est le leader mondial du commerce en ligne avec plus de 276 millions de membres inscrits dans le monde, dont plus de 10 millions rien qu’en France ce qui veut dire qu’1 français sur 6 (voire un foyer sur 6) a acheté ou vendu quelque chose sur ebay ! Ce site créé en 1995 par un américain est l’une des plus grandes réussites sur Internet, ; songez que chaque jour, plus de 100 millions d’articles neufs ou d’occasion sont à vendre sur eBay… de fait, on trouve vraiment tout et n’importe quoi ! C’est pourquoi il faut toujours avoir le réflexe d’aller voir ce qu’y s’y passe surtout quand vous avez écumé les brocantes, vide-greniers et autres dépôts vente autour de chez vous pour trouver la table de vos rêves ou la paire de baskets ultra hype éditée en seulement 20 exemplaires dans le monde. Parce que quand même, quelle invention ! Permettre à tout un chacun, derrière son écran d’ordinateur, bien au chaud de vendre ou d’acheter ce qui lui plait, au prix qui lui plait…

Et pourquoi est-ce que je vous parle d’ebay aujourd’hui ? tout simplement parce qu’acheter ou vendre des objets d’occasion participe à l’allongement des cycles de vie de ces produits, et évite dès lors d’en fabriquer de supplémentaires à partir de matières premières à exploiter.

A la maison, c’est monsieur le spécialiste. Caché derrière son pseudo (ridicule au demeurant, mais ça n’a pas l’air d’effrayer les enchérisseurs, dont les pseudos tout aussi invraisemblables font penser parfois à de noms de dragqueens !!), il achète et vend à en quelques clics du matériel de puériculture notamment. Autant je préfère acheter les vêtements neufs, autant pour le mobilier on est passés par ebay : chaise haute, matériel de bain, parc, siège auto, poussettes successives… on a jamais eu de souci ; les vendeurs sont notés par les acheteurs ce qui permet d’avoir un indice de fiabilité, et le système PayPal permet de ne payer le vendeur qu’une fois la marchandise réceptionnée. Un autre argument écologique est la proximité car si les petits colis sont envoyés par la Poste, les plus gros se font plutôt dans un rayon géographique restreint.

Pour celles et ceux qui n’ont pas encore franchi le pas, rassurez vous ce n’est pas compliqué de faire des enchères, c’est même amusant ; avec l’expérience on acquiert quelques techniques pour les remporter au meilleur prix. Ma première victoire ? un DVD du Roi Lion introuvable dans le commerce acheté pour mon fiston qui était super content !

 

Nicolas Hulot dans GQ : le fond et la forme 14 septembre 2009

Image 3Nicolas Hulot en couverture de GQ (le magazine des hommes esthètes et hype) c’est extrêmement surprenant, un peu le mariage de la carpe et du lapin voyez et en même temps dans mon couple par exemple, mon chéri ce serait GQ et moi Nicolas Hulot, donc ça marche pas mal ensemble finalement ! Tout ça pour dire quoi ? et bien que quand j’ai vu le numéro de septembre, je l’ai acheté tout de suite, je l’ai lu et après seulement je l’ai filé à monsieur des fois qu’il épouserait (aussi) ma cause …

Mais surtout, et c’est tout l’objet de ce post, ce qui m’a frappé c’est le paradoxe entre les photos façon mode de Nicolas Hulot (pas mal du tout !) et la profondeur de son discours et de son engagement. Il n’y a aucune coquetterie dans son message, au contraire il se radicalise. Son propos dépasse aujourd’hui largement la cause environnementale pour prendre en compte la dimension sociale des maux dont l’humanité entière souffre. S’il convient que les choses bougent ces dernières années, il constate aussi que « ce qu’on fait pour le développement durable nous donne le sentiment d’avoir traité le problème. Mais de simples aménagements ne suffisent pas. Chacun doit incarner le changement qu’il veut voir naître. » Il prône un renoncement inéluctable à un certain mode de vie , « sans révolution culturelle, les choses vont se réguler de gré ou de force. Ce qu’on va libérer en addictions, en névroses, on va le retrouver en humain, en relationnel, on va se retrouver soi-même. (…) Aujourd’hui on préfère l’objet à l’autre. (…) Notre société crée de la frustration parce qu’elle crée tous les matins de nouveaux désirs dont on se passait la veille. » Il estime que les signaux sont rouge vifs, « la réalité physique du monde ne nous permet pas de continuer. Une croissance infinie dans un monde fini, il faut être économiste ou fou pour y croire ».

L’article qui suit l’interview retrace les 7 vies de celui qui est présenté aujourd’hui comme un des lobbyistes les plus puissants de France (son pacte écologique a fait bouger les lignes de la dernière campagne présidentielle, la taxe carbone c’est lui) ; mieux encore, pour le journaliste, Nicolas Hulot serait « en train de dessiner ce que sera peut être l’homme politique de demain : issu de la société civile, sans parti ni étiquette, expert ès medias, hésitant quand il s’agit du pouvoir, conseiller plus que dirigeant. »

Voilà pourquoi le magazine GQ a choisi de le mettre en couverture, et je leur laisse le mot de la fin « Après s’il veut bien mettre une chemise digne de ce nom, on  n’est pas contre … »

Rendez-vous le 19 octobre, pour la sortie en salle du  Syndrome du Titanic.

http://www.fondation-nicolas-hulot.org/

http://www.menstyle.fr/magazine/a_la_une/articles/090826-gq-n19–septembre-2009.aspx